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Ci bizarre que cela puisse paraitre ; c’est une région très lointaine des métropoles, c’est un petit village supposé bio ; c’est un oasis où on peut, normalement, respirer que l’O2 ; c’est encore un Ksar où le ciel est, à 90% de l’année, très bleu… et pourtant le problème de la pollution et des déchets en particulier et la problématique de la préservation de l’environnement se posent de plus en plus avec acuité à ALNIF. Et l’illustration n°1 est l’apparition des maladies non connues d’avance dans la région : Leishmaniose.
Les scientifiques nous diront que l'air constitue le premier des éléments nécessaires à la vie. Chaque jour, nous respirons environ 14 kg d'air...
L'homme introduit dans l'atmosphère des substances ayant des conséquences préjudiciables à la santé et à l'environnement. Ces substances sont émises par des sources fixes et mobiles :
Chaudières, activités industrielles, domestiques et agricoles, transport routier des personnes et des marchandises, etc. Les polluants sont dispersés par les vents, dissous par les pluies, ou bloqués lorsque l'atmosphère est stable.
L’ancien petit oasis commence à grandir :
- une école avec plus de 600 élèves alors qu’avant on trouvait des difficultés à avoir une classe ;
- deux collèges et un lycée ;
- un nouveau projet : caserne militaire avec plus de 400 maisons;
- un souk qui n’est plus hebdomadaire mais plutôt de trois fois par semaine (Lundi, Mercredi et Vendredi)
- ...
Autant de facteurs ainsi que d’autres qui ont provoqués un problème sérieux : la pollution et les déchets. Et ce qui aggrave la situation à notre avis, c’est l’avènement d’un problème urbain dans un milieu rural. Les mentalités ne sont pas prêtes ni sensibilisées pour assumer le changement : à Alnif ce problème ne se posait pas parce que rien ne se gagnait, rien se perdait, tout se transformait. Tout ce qui est usé, se recyclait non pas dans le sens actuel du terme mais plutôt comme il n’y avait pas d’activités industrielle et le village comptait une population réduite, alors la quantité des déchets étaient très limitée et leur nature ne posait pas de problèmes sérieux : les déchets se limitaient à ceux de la cuisine qui sont généralement donnés comme aliments pour le bétail.
Et pour vous donner une idée brève sur le phénomène de la pollution et des déchets à Alnif, nous allons présenter une description de ce que nous qualifions des points noirs environnementaux selon le plan suivant :
- Les monuments ne sont pas épargnés.
- L’école et les écoliers subissent.
- Les canaux d’eau ne sont pas à l’abri.
- Le souk subit et fait subir.
- Les morts en subissent auss
- Les monuments ne sont pas épargnés
Le Ksar d’alnif, construit en 1919, est une mémoire collective, c’est en effet le monument historique qui unit la population toute entière : la grande majorité des alnifiens y étaient. Devant cette légende nous avons assisté ces dernières années à la mise en place d’une décharge sauvage. Toute la population habitant à l’intérieur du Ksar n’a pas été sensibilisée par rapport à ce qu’elle était entrain de subir et faire subir à cette mémoire légendaire.
L’association Bougafer a en effet réglé le problème, ce n’est ce que momentanément, en organisant le festival « IGHERMAN » devant le portail d’Ighrm (Ksar). Bougafer a donc sensibilisé la population et a pu à travers les cotisations des bienfaisants à aménager le lieu et à le rendre sous forme d’une place publique unique.
Néanmoins, le risque que les populations à l’intérieur du Ksar retrouvent leurs habitudes n’est pas nul parce qu’ils sont obligés de traverser l’oasis tout entier pour pouvoir trouver une « décharge » ou plutôt constituer une nouvelle décharge sauvage. La photo ci-dessous illustre un peu la décharge avant l’intervention de l’association Bougafer pour résoudre le problème momentanément.

- L’école et les écoliers subissent.
La région d’alnif est une région qui se base de point de vue économique sur une agriculture d’autosuffisance. Et comme la sécheresse est devenue structurelle depuis les années 80, l’oasis s’est donc trouvé dans une situation difficile. Et par conséquent, le phénomène d’exode rural est devenu fréquent : soit vers les villes du royaume soit via une immigration à l’étranger.
Néanmoins, nous considérons que cette façon de faire n’est qu’une fuite vers l’avant sans résolution des problèmes structurels. Et dans ce cadre nous mettons l’accent dans nos actions au niveau de l’association sur l’école. L’éducation et la formation sont la carte maitresse sur laquelle notre oasis devrait se baser. Toutefois l’école et les écoliers ne sont pas à l’abri de la pollution et des déchets. Une visite simple aux toilettes de l’école Saghrou, du collège Bougafer ou encore du lycée peut illustrer nos propos. Et comme il apparaît sur la photo ci-dessous, avant d’aller en classe une grande partie des élèves passent à côté de quantité énormes de déchets (Takkat : nom du coin). Un corps ne peut être sain que si l’environnement dont lequel évolue est sain.

- Les canaux d’eau ne sont pas à l’abri.
La source la plus rare encore dans la région et qui n’est pas à l’abri des actes irresponsables : l’eau. Notre région a subi et subi encore une sécheresse structurelle qui rend l’eau comme une ressource très précieuse. Dans la photo ci-dessous, c’est un endroit par lequel transitaient des quantités importantes d’eau douce. Il a été construit en 1971 et il a servi depuis pour laver les vêtements, pour jouer et nager pour les jeunes du bled et pour irriguer les champs de ce qui reste de l’oasis.
Au dessous de cette décharge il y’a le canal qui transfère l’eau à la population. Difficile de prouver qu’il n’y a pas d’infiltrations. Et pourtant personne n’agit !!

Et à 200m de cette décharge se trouve une autre que les jeunes du Bled connaissent très bien : La vieille piscine. En fait c’était une piscine, le seul lieu de distraction et de natation pour les jeunes de la région. Actuellement, il est transformé en une décharge sauvage sans précédent et le souk en participe beaucoup. C’était une piscine à plongeoir de l'époque coloniale et un peu jusqu'au début des années 80, elle est converti aujourd'hui en décharge pour ordures et microbes .mais peut être ces derniers s'en servent toujours de piscine pour nager entre les boites de sardines , les lames à rasoirs et plastiques...

- La solidarité intergénérationnelle : une nouvelle forme.
Les moyens de l’association Bougafer sont très limités et comme aucun acteur officiel de développement local n’agit pas, les morts ont eu en effet droit à subir les conséquents des actes des survivants. Cela peut être une spécificité de notre oasis : si le développement durable incite à une solidarité intergénérationnelle c'est-à-dire une solidarité avec les générations futures, dans notre village nous avons d’abord affaire à une solidarité avec nos ancêtres. Qui pourrait accepter à ce que sa tombe ne soit pas respectée et délaissée… ? Et encore c’est un cimetière des légendaires pour la France puisqu’ ils ont participés et ont été tué lors de la guerre.

- Le souk subit et fait subir.
Alnif s’urbanise de plus en plus mais il n’est pas prêt à l’assumer. Le village d’Alnif est une commune rurale qui recevait chaque Mercredi la population de la région qui cherche à s’approvisionner de manière hebdomadaire et à régler ses affaires administratives.
Et comme la croissance démographique ne cesse d’augmenter et la sécheresse d’envahir toute la région, le souk n’est plus hebdomadaire mais plutôt un souk chaque deux jours c'est-à-dire trois fois par semaine : Lundi, Mercredi et Vendredi.
Ce monument historique d’Alnif n’est pas à l’abri de la pollution et des actes irresponsables de l’homme. Le nombre de sachets de plastic noir par demi –journée de souk se chiffre en milliers, les boites de conserve (surtout les sardines), les légumes pourries ….
La responsabilité devrait être incombée à qui ? Tout le monde se désengage !! Les commerçants supposent que puisqu’ils paient la collectivité locale, ils n’ont rien à se reprocher. Les élus locaux sont en grande partie analphabètes et par conséquent non sensibles aux problématiques du développement durable. Les citoyens s’approvisionnent chaque souk en sachets noirs de plastic. Les associations n’ont pas assez de moyens pour régler durablement le problème.

Qui est donc responsable ? La responsabilité est à notre sens partagée. Le souk n’est pas un lieu virtuel mais plutôt un lieu où tous les alnifiens : élus, commerçants, associatifs, élèves… agissent et subissent. Ainsi le souk subit la pollution trois fois par semaine et la faire subir de manière permanente. Cette pollution apparait clairement dans la photo ci-dessous. Mais ce qui n’apparait clairement c’est la contradiction entre la terre très polluée et un ciel très très clair.
Et là dans la photo ci-dessous, ce sont des commerçants qui viennent de loin pour y vendre quelques produits et qui polluent sans conscience aucune, ni morale, ni humaine ni professionnelle.
CONCLUSION
Les problèmes de la pollution et des déchets ne sont pas l’apanage de la ville et de l’urbain, la préservation de l’environnement n’est pas une problématique spécifique à la ville…
Le monde rural subit de plus en plus les effets néfastes des actes de ses mêmes habitants malgré qu’ils n’en sont pas totalement conscients et par conséquent responsables.
La résolution d’un tel problème nécessite l’engagement de tout le monde.
- La collectivité locale devrait assumer ses responsabilités parce qu’il est le responsable numéro un qui devrait mettre en place les équipements nécessaires pour atténuer un tel fléau.
- Les commerçants devraient savoir que la continuité de souk qui la source principale de leur richesse et de leur survie suppose la préservation de son environnement sinon le principe du pollueur payeur s’appliquera un jour dans notre région.
- Les citoyens devraient être plus responsable de leurs actes aussi dans la mesure où l’air qu’ils respirent, l’eau qu’ils boivent… sont des denrées épuisables et par conséquent à travers nos actes, on peut protéger l’environnement.
- Et pour les associations, leur rôle est primordial au niveau de la sensibilisation de toute la population en allant des élèves à l’école aux commerçants au souk en passant par les élus eux-mêmes.
Article de Hassan Azouaoui
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